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vendredi 6 octobre 2017

Des oiseaux dans les Jardins Parisiens


N’avez-vous jamais été surpris à la tombée du jour par le concert assourdissant émanant d’un marronnier peuplé de moineaux ?
Avez-vous déjà eu la chance de pester à 5 heures du matin, contre des pépiements d’étourneaux très bruyants qui vous ont tiré du sommeil ?
Et combien de fois, enfant, avez-vous couru vers les pigeons pour les faire s’envoler, donné du pain dur aux canards, ou observé les mouettes sur la Seine ?

Mais à Paris, les oiseaux ne se résument pas à ces seules espèces, et nombreux sont les volatiles qui ont élu domicile dans la capitale et ses espaces verts, le moindre arbre leur servant rapidement de perchoir. Les plus connus sont dans les rues, mais pour les autres, plus de la moitié des différentes espèces se cachent dans les jardins et les parcs. 




On recense une soixantaine de types d’oiseaux différents dans Paris, -sans compter les grands bois. Oiseaux de jardins ou de plans d’eau, canards, cygnes et échassiers, rapaces dans les tours de Notre-Dame entre autres, oiseaux d’agrément (les paons de Bagatelle, les perruches vertes échappées d’une cargaison il y a quelques années et qui maintenant nichent partout dans Paris), volailles de ferme, et même oiseaux migrateurs (il y a eu des cigognes sur les toits de la Gare du Nord !) font partie de la faune urbaine que l’on côtoie à Paris. A noter : "Sur les 60 espèces d'oiseaux nichant dans Paris intra-muros, seules trois espèces (Perruche, Bernache et Cygne, qui est une espèce introduite il y a quelques siècles) sont d'origine exotique." (Frédéric Malher, parisien passionné d’ornithologie et vice-président du CORIF (Centre Ornithologique Ile-de-France) qui a comptabilisé durant quatre années les oiseaux parisiens).


Bien entendu, les pigeons sont parmi les plus nombreux ayant été introduits par les hommes eux-mêmes pour jouer les coursiers volants au cours des siècles précédents. Certains noms de lieux gardent encore la mémoire de leur voisinage imposé avec les citadins, telle la rue du Vieux Colombier dans le 6e arrondissement parisien, d’autres voient s’installer de nouveaux pigeonniers, mesure prise par la ville depuis quelques temps pour tenter de limiter la prolifération de ces oiseaux dont les déjections abîment bâtiments et mobilier urbain en y laissant des traces corrosives.
Grâce à une augmentation des espaces verts à Paris, et à un abandon des pesticides dans les jardins publics, la population volatile a doublé en cent ans, mais -triste constat- tandis que certaines espèces se portent plutôt bien, le moineau, lui disparait de notre paysage urbain, comme de la plupart des grandes villes.




Petite question : savez-vous reconnaitre le chant des différentes espèces ?
Vous trouverez un petit jeu sur le site de l’INPN (Inventaire national du patrimoine naturel) mais aussi sur le site Oizolympique pour tester vos connaissances.
Le site du CORIF, quant à lui, présente 86 chants d’oiseaux que l’on peut rencontrer en Île de France.
Il existe également de nombreuses applications pour smartphones, un article les compare sur le site Ornithomedia.com
Un livre pour les reconnaître ? Les oiseaux nicheurs de Paris : un atlas urbain, de Frédéric Malher.


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Dans la collection « Jardins Parisiens », les artisans d’art, artistes, créateurs et designers sont nombreux à s'être inspiré des oiseaux ou de leur plumage. On y retrouve -en vrac- cygne, corneille, perruches, moineaux,… Retrouvez-les en cliquant sur les photos :

"Drôle d'oiseau n°10" (Hallucilogène) Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine Detail de "Jardins Parisiens" Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine "Oiseau gourmand et religieuse", Brigitte Coucoureux, Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine Deux oiseaux, Dessin au fil de fer, Armel Barraud, Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine Boucles d'oreilles noisettes et plumes de paon, Marine Cauvin, Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine Livre d'artiste "dans l'air du soir", Isabelle Faivre, Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine Corneille "Gustav" edition limitée Ibride et Jordane Saget, Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine Papier peit "Dans ma serre", Julie Yülle, Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine Sculpture "C'est un cygne" Mélanie Bourlon - exposition Jardins Parisiens - Galerie de la Marraine

De gauche à droite et de haut en bas : "Drôle d'oiseau n°10" (Hallucilogène), Grand dessin "Jardins Parisiens" (Cécile Hatoum-Tardres), Huile sur toile "Oiseau gourmand et religieuse" (Brigitte Coucoureux), Dessin au fil de fer "Deux oiseaux" (Armel Barraud), Boucles d'oreilles noisettes et plumes de paon (Marine Cauvin), Livre d'artiste "Dans l'air du soir" (Isabelle Faivre), Corneille "Gustav" (Ibride et Jordane Saget), Papier peint "Dans ma serre" (Julie Yülle), Sculpture "C'est un cygne" (Mélanie Bourlon)

Oiseau tulipier, Tsé & Tsé Associées, Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine "Dans le chèvrefeuille", Sophie Touret, Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine Broche porcelaine Martin pêcheur, Anne Berthelot, Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine

Tatouages éphémères Nini Peony, Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine Canevas Mésange, Véronique Aadli, Exposition Jardins Parisiens, Galerie de la Marraine

De gauche à droite et de haut en bas : Oiseau tulipier (Tsé&Tsé Associées), Sculpture "Dans le chèvrefeuille" (Sophie Touret), Broche porcelaine "Martin le pêcheur" (Anne Berthelot), Tatouages éphémères "Hanoi" (Nini Peony), "Ouvrage" (Véronique Aadli)



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Un grand merci à Rachel Oo d’avoir illustré cet article de ses magnifiques photos d’oiseaux prises à Paris dans les squares, les jardins et au fil de ses pérégrinations urbaines. 
Toutes photos d’oiseaux : ©Rachel Oo.

vendredi 8 juillet 2016

Oiseaux et fruits : Jérôme Bosch, Cali Rezo et Delphine R2M

Jérôme Bosch : le Jardin des Délices, Détail Cali Rezo : Grenade Jérôme Bosch : le Jardin des Délices, Détail
A gauche et à droite : Jérôme Bosch, détails du Jardin des Délices. Au Centre : Cali Rezo : Grenade

Curieux, tous ces oiseaux surdimensionnés dans le Jardin des Délices.
Des oiseaux géants ou une humanité réduite aux dimensions d’une souris ?
Et certains d‘entre eux qui donnent la béquée aux hommes.
Des volatiles nourriciers, nourrisseurs… Serait-ce une évocation du pêché de gourmandise, ou une illustration du passage de Saint Brendan sur l’ile des oiseaux, où ces étranges créatures auraient été des anges déchus?...

Jérôme Bosch : le Jardin des Délices, Détail Delphine R2M : collier de cerises Jérôme Bosch : le Jardin des Délices, Détail
A gauche et à droite : Jérôme Bosch, détails du Jardin des Délices. Au Centre : Delphine R2M/La Fille du Consul : Collier de cerises

Quoiqu’ils en soient, oiseaux et fruits sont nombreux sur ce panneau central du triptyque de Jérôme Bosch.

Cali Rezo a isolé grenades et raisins, les a manipulés, caressés, torturés.
Delphine R2M s’en emparée et s’est parée de fraises et cerises rouges sang, couleur symbolique s’il en est.

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Vous pouvez bien sûr retrouver ces fruits dans l’exposition en ligne "d'inspiration Jérôme Bosch", qui présente des œuvres d'art, des pièces d'artisans-créateurs et de petites entreprises inspirés par l'univers du peintre.
L'exposition en ligne durera jusqu'au 31décembre 2016, fin de l'année Jérôme Bosch -500 ans de la mort de l'artiste- en parallèle et indépendamment de l’exposition présentant les peintures et dessins de l'artiste qui fut présentée à Bois-le-Duc aux Pays Bas puis au musée du Prado à Madrid actuellement.

mercredi 22 juin 2016

Les monstres, Jérôme Bosch, Nelleke de Noo, Papier à êtres et Sylvain Bossut

Jérôme Bosch : détail du Dernier Jugement Jérôme Bosch : détail du Jardin des Délices Jérôme Bosch : détail du Dernier Jugement
Jérôme Bosch : à gauche et à droite, détails du Dernier Jugement, au centre, détail du Jardin des Délices

S’il y a bien un type de créatures qui vient à l’esprit lorsque l’on pense à l’univers de Jérôme Bosch, ce sont ces chimères, ces monstres, mi-humains, mi-animaux - oiseaux, batraciens, reptiles. Ces "représentations de figures monstrueuses construites à partir de gravures de bestiaires du Moyen-âge, ponctuent son oeuvre dans des paysages chaotiques" (Le monde des arts)
Symboles de vices, de péchés, tortionnaires dans ses mondes infernaux, ils représentent pour le peintre une part de l’humanité, non pas "telle qu'elle apparait vue du dehors, mais telle qu'elle est dedans, à l'intérieur" (Père José de Sigüenza, XVIIe siècle).

Pour l’exposition « d’Inspiration Jérôme Bosch », Nelleke de Noo, le duo Papier à êtres, et Sylvain Bossut ont chacun donné leur propre interprétation de ces chimères, tantôt inquiétante, tantôt énigmatique.

Nelleke de Noo : Tree Creature 2, exposition "d'Inspiration Jérôme Bosch", Galerie de la Marraine Papier à êtres : Oiseau gris, exposition "d'Inspiration Jérôme Bosch", Galerie de la Marraine Sylvain Bossut : projet de chimère, exposition "d'Inspiration Jérôme Bosch", Galerie de la Marraine
De gauche à droite : Nelleke de Noo, Papier à êtres, Sylvain Bossut 

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Vous pouvez bien sûr retrouver ces chimères dans l’exposition en ligne "d'inspiration Jérôme Bosch", qui présente des œuvres d'art, des pièces d'artisans-créateurs et de petites entreprises inspirés par l'univers du peintre.
L'exposition en ligne durera jusqu'au 31décembre 2016, fin de l'année Jérôme Bosch -500 ans de la mort de l'artiste- en parallèle et indépendamment de l’exposition présentant les peintures et dessins de l'artiste qui fut présentée à Bois-le-Duc aux Pays Bas puis au musée du Prado à Madrid actuellement.

samedi 18 juin 2016

Les corbeaux de Jérôme Bosch et celui de Sabine Feliciano :

Jérôme Bosch : détail du Jardin des Délices, panneau central, musée du Prado, Madrid Jérôme Bosch : détail du Jardin des Délices, panneau central, musée du Prado, Madrid Jérôme Bosch : femmes et corbeaux dans le bassin central, détail du Jardin des Délices, panneau central, musée du Prado, Madrid
Jérôme Bosch : détails du Jardin des Délices, panneau central

Volant dans le ciel bleu sans trace de nuages du Jardin des Délices, posés dans un jardin à la pelouse impeccable, les corbeaux et autres oiseaux noirs de Jérôme Bosch sont les taches sombres et inquiétantes dans un paysage qui semble idyllique, où s'ébattent hommes et femmes, animaux, oiseaux et poissons, griffons et sirènes.

Des corbeaux, oiseaux de mauvais augure dans un paysage de plaisirs charnels, entre le paradis et l’enfer dans le triptyque de Bosch…

Jérôme Bosch : détail du Jardin des Délices, panneau central, musée du Prado, Madrid Sabine Feliciano : Écorché Corbeau - Exposition "d'Inspiration Jérôme Bosch", Galerie de la Marraine
Jérôme Bosch : détail du Jardin des Délices, panneau central - Sabine Feliciano : Écorché Corbeau

Sabine Feliciano, braconnant dans le Jardin des Délices, en a attrapé un et l’a dépecé, cadavre disséqué, aux organes roses comme les architectures étranges du peintre.

Jérôme Bosch : détail du Jardin des Délices, panneau central, musée du Prado, Madrid Sabine Feliciano : Écorché Corbeau - Exposition "d'Inspiration Jérôme Bosch", Galerie de la Marraine
Jérôme Bosch : détail du Jardin des Délices, panneau central - Sabine Feliciano : Écorché Corbeau, détail

Une dissection qui rappelle les tortures des suppliciés de l'enfer, infligés par des créatures chimériques à têtes d'oiseaux ou de batraciens aux hommes en état de pêché mortel.

Jérôme Bosch : détail du Jardin des Délices, panneau de droite, musée du Prado, Madrid
Jérôme Bosch : détail du Charriot de foin, panneau de droite, musée du Prado, Madrid
Jérôme Bosch : détail du Jardin des Délices, panneau de droite, musée du Prado, Madrid
Jérôme Bosch : à gauche et à droite : détails du Jardin des Délices, panneau de droite - au centre : détail du Charriot de Foin, panneau de droite - musée de Prado, Madrid


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Vous pouvez bien sûr retrouver cet Ecorché de Corbeau dans l’exposition en ligne "d'inspiration Jérôme Bosch", qui présente des œuvres d'art, des pièces d'artisans-créateurs et de petites entreprises inspirés par l'univers du peintre.
L'exposition en ligne durera jusqu'au 31décembre 2016, fin de l'année Jérôme Bosch -500 ans de la mort de l'artiste- en parallèle et indépendamment de l’exposition présentant les peintures et dessins de l'artiste qui fut présentée à Bois-le-Duc aux Pays Bas puis au musée du Prado à Madrid actuellement.

jeudi 24 septembre 2015

Des cages et des oiseaux

   Au milieu des jardins peints par Jean-Honoré Fragonard, au milieu de toutes ces fleurs, on trouve parfois une cage, vide de tout oiseau, toujours la même, une sorte de boîte dont les parois sont formées de claies. Pas du tout une de ces cages ouvragées, mais plutôt simplement un contenant permettant de transporter un volatile.

    Le symbolisme de la cage est à rapprocher de celui de l’oiseau, symbole masculin s’il en est, (rappelons nous l’expression désuète qui consiste à désigner aux petits garçons leur sexe comme un "petit oiseau") Et Fragonard s’en est amusé dans quelques unes des scènes des ses tableaux. Le féminin pour la cage et le masculin pour l’oiseau n’en sont alors que plus significatifs.


   Au centre, le détail du haut est la libération d’un oiseau ("Jeune fille délivrant un oiseau de sa cage", Musée Fragonard, Grasse), tandis que celui du bas ("Les amants heureux", Norton Simon Museum, Pasadena) est extrait d’une scène où « le berger présente entre ses mains une blanche et fidèle colombe, qui aspire à rejoindre le nid brandi haut par la jeune bergère. De l’autre main, celle-ci tient discrètement la corde qui déclenche le piège à oiseaux situé en contrebas : manière de signaler que, si la colombe n’est pas fidèle, des remplaçants sont faciles à trouver. » (source)

   Tout en délicatesse, Sophie Touret a réalisé un oiseau qui aurait pu s'échapper d'une de ces cages, tandis que Isabelle Bonte, qui travaille le fil de fer d’une main adroite et sensible a interprété la cage en y intégrant les roses, fleurs préférées du peintre.
Tous deux sont présentés dans l'exposition en ligne Fragments de Fragonard.